Première scène

Alhambra, 27 Mars 2010

Monter sur une scène, c’est un peu comme faire du saut en parachute. Juste avant de se jeter dans le vide on ne peut pas s’empêcher de se demander pourquoi on s’est mis dans une telle situation.

Pour parer au stress, il faut se reposer sur la technique, penser aux petits détails logistiques, aux conneries qu’on peut dire entre les morceaux. J’ai répété avec Raymonde, ma prof de chant, mes chansons sont bien en place et Jean Paul Bazziconi, un ami metteur en scène, m’a pas mal fait travailler la posture. Côté préparation tout s’est déroulé comme je le voulais, il me fallait quelques accessoires pour habiter totalement mon personnage. Il faut dire que la pochette met la pression, le bonhomme doit être à la hauteur, ça doit être moi, mais moi en mieux.

Première étape, le costume.
Pas si facile de trouver un costume dans lequel on se sente à l’aise, pas trop bureau, pas trop branchouille, pas trop ringard. Après en avoir essayé un tas, ma préférence va vers du Martin Margiela ou du Lanvin, le costard Lanvin avec son col châle est à tomber, son prix aussi. Pour cette première je suis vêtu d’un costume magnifique prêté par le service presse de Agnés B. Prêté seulement ? Bon.

Ensuite pour donner une petite touche rétro il me fallait un micro un peu spécial… Julien Schultheis, l’inénarrable, m’a proposé d’utiliser un Shure vintage copie du micro d’Elvis. Par la suite on nous l’a déconseillé pour des raisons de qualité et c’est tant mieux car finalement ça aurait fait un peu trop total look. Trop Eddy, trop Dick, trop Dany… Trop quoi.
Du coup j’ai repensé à ce mic que j’avais eu en main lors d’un récent shooting, un vieux Sennheiser des années 60. Je veux accentuer le côté vintage et je me dit que de le faire à la française plutôt qu’à l’américaine donnera un petit charme désuet qui fera toute la différence. Rentrer sur le set avec le micro de Guy Lux, un objet qui a été utilisé pendant des décennies à l’ORTF, voilà qui vous place directement un homme… Moderne ou pas.

Passons au flingue, j’ai prévu de faire mon entrée sur scène avec l’habituel revolver utilisé dans mes séances photo, il a donc fallu aller le louer une fois de plus chez Régifilm, sans les balles à blanc cette fois, ce qui rassure Régis.  Il a fait une date quelques temps auparavant et une balle à blanc a été tirée par surprise un peu trop près de son oreille, il ne tient pas à réitérer l’expérience. Normal.
Régis Ceccarreli est le réalisateur et co-compositeur de mon album, sur ce disque il a aussi fait les chœurs, les batteries et pas mal de claviers, qu’il ait accepté de venir faire cette première scène avec moi est un honneur. Entre lui et Julien je me sens très sécurisé. Par contre si ça merde ça ne peut venir que de moi du coup. J’avale ma salive bruyamment.

Nous voilà donc backstage, Régis et ses lunettes de mafieux, Julien et sa chemise rose, moi et ma trouille au cul. Cette insupportable envie de filer aux toilettes qui vous travaille avant de monter sur scène, elle disparaît heureusement dès qu’on commence à chanter. En fait quelque chose doit sortir, peut importe quoi, peu importe comment. Moi je me retiens, je garde tout pour le public.

On y est, avec l’éclairage, tout devient plus beau. Régis et Julien se mettent en place sur le plateau, ils ont des claviers, des micros et s’apprêtent à balancer du son bien sixties depuis un Macbook. Rétro futuriste pour ainsi dire.

J’arrive sur scène avec le flingue et je marche jusqu’à mon micro, c’est le moment de vérité. Impossible de reculer. Je n’ai jamais chanté en public, il y a 600 personnes dans la salle et je ne sais pas si ma voix va sortir. Il ne sont pas venus pour me voir, moi je fais seulement la première partie de Carmen et ils ne me connaissent pas. Je regarde la fosse avec un petit pincement au cœur, ce truc qu’on ressent avant d’embrasser une fille pour la première fois, quand on ne sait pas encore si elle va tourner la tête ou pas.
J’ai autour de la taille la ceinture dont Raymonde m’a fait cadeau pour penser à descendre mon diaphragme.
Je souris, je soulève le voile du palais, je pousse, je pose… La voix sort.

La suite en vidéo très bientôt.

6 Commentaires

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6 réponses à Première scène

  1. dominique paulin

    coucou ben, article touchant de vérité, car vrai…..
    on sent bien ce qui a été vécu
    plein de bises, fabien aussi

  2. j’ai enfin réussi à lire le texte, c’est bien
    tiens bon la rampe

  3. Elodie

    Et bien!! C’etait donc une première scène! J’étais venue voir Carmen Maria Vega, oui; pas un crooner qui drague avec un pétard! J’ai vraiment bcp aimé! Les textes sont vraiment sympa. J’ai adoré ‘L’homme moderne’Bravo! et bon vent!!
    Un album est il en vente qq part?

  4. Alors Benjamin, l’accouchement n’a pas été trop difficile? :D

    xxx
    P.S. Une fille tourne la tête, une femme prend les choses en main. ;)

  5. Salut !

    C’est quand la vidéo !!!!!?

    @++

  6. sandra

    Salut! Je n’étais pas là au concert, par contre j’ai découvert “dites le avec des flingues” sur radio néo…….. et c’est dla balle ( ahahah) ! Disons que je chante volontiers à tue tête quand la chanson passe. Enfin bref, merci.

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